← Bruno Grall · CarnetHaïkus
Page de garde manuscrite du carnet, portant le mot HAÏKUS en grandes lettres dessinées

Minuscules poèmes

Haïkus

Quelques instants pris au passage, retrouvés entre les pages d’un carnet.

Sur le ciment froid,Un papillon égaréAttend son heure.

Bien arrivés.Traversée de la France,Vent tempétueux.

Cimes des hauts pinsEnsoleillées au couchantElles rosissent.

Les grains de sableS’effraient des monstres rochersQui les surplombent.

Vent qui refroiditLes oreilles et le front— Midi, la plage.

Les manteaux mouillés,Après la promenade,Sèchent au sous-sol.

Le grand feu de boisRéchauffe les cœurs meurtrisPetit à petit.

Sont-elles fêléesLes cloches de l’église ?— Sept heures sonnent fort.

Le chef courroucéTraverse notre bureau— Un corbeau braillard.

Vent en bourrasquesTout bouge autour de moi.Tempête sur nous.

L’œil, le nez gouttant !Le temps a déjà changé,Le froid arrive.

Place Masséna,Vivent des lumièresTrès électriques.

Un maigre moineauSe pose et admireLa lune blême.

Inventons un motQui dira notre amourImmarcescible.

Dans l’obscurité,Près de la rivièrePasse un chien noir.

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